Article 32 du RGPD : pourquoi la sécurité des données et l'Accountability sont les piliers de votre conformité en 2026

En 2026, l'article 32 du RGPD impose une obligation de moyens renforcée, plaçant la sécurité informatique au cœur de la conformité juridique. Pour garantir la protection des données, les organisations doivent déployer des mesures techniques et organisationnelles proportionnées aux risques (chiffrement, 2FA, résilience) tout en respectant le principe d'Accountability. Cette responsabilité impose de prouver l'efficacité de ces dispositifs face à un durcissement des sanctions et aux nouvelles exigences du projet Digital Omnibus.

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Calixte Descamps
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Sécurité ordinateur

La sécurité informatique a longtemps été perçue comme une simple couche technique reléguée aux départements spécialisés. Pourtant, sous l'égide du Règlement général sur la protection des données (RGPD), elle s'est imposée comme le pivot central de la conformité juridique. L'article 32 du RGPD ne se contente pas de suggérer des précautions. Il impose une obligation de moyens renforcée qui, si elle est ignorée, expose les organisations à des conséquences financières et réputationnelles sans précédent. Pour les organisations, comprendre cette imbrication entre droit, cybersécurité et principe de responsabilité est devenu une nécessité vitale.

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Mesures techniques, organisationnelles et principe d'Accountability

Le texte de l'article 32 pose un principe fondamental : le responsable de traitement et son sous-traitant doivent mettre en œuvre les mesures techniques et organisationnelles appropriées afin de garantir un niveau de sécurité adapté au risque. Cette notion de risque est centrale dans toute analyse de risques RGPD. Elle signifie que la sécurité ne peut être uniforme. Une structure traitant des données de santé devra déployer un arsenal bien plus robuste qu'une boutique locale gérant un fichier de fidélité classique.

Au cœur de cette exigence se trouve l'Accountability. Ce principe de responsabilité impose aux organisations de ne pas seulement être conformes, mais d'être en mesure de le prouver à tout moment. La sécurité n'est plus une fin en soi, elle devient la preuve tangible de votre Accountability. Le règlement insiste sur quatre piliers essentiels : la confidentialité, l'intégrité, la disponibilité et la résilience des systèmes. L'innovation majeure réside dans l'obligation de tester, d'analyser et d'évaluer régulièrement l'efficacité de ces dispositifs en se référant constamment à l'état de l'art technologique.

L'impact du projet Digital Omnibus sur la vigilance européenne

L'année 2026 est marquée par la mise en application concrète du projet Digital Omnibus. Ce cadre législatif européen vise à harmoniser les obligations de sécurité entre le RGPD et les nouvelles directives sur la résilience numérique. Pour les responsables de traitement, l'impact est significatif : le projet Digital Omnibus renforce la transparence exigée lors des audits et simplifie la coopération entre les autorités de contrôle européennes.

Désormais, une faille de sécurité n'est plus analysée de manière isolée mais au regard de l'ensemble de votre gouvernance numérique. Cette nouvelle donne augmente la pression sur l'article 32, car les critères de négligence sont devenus plus stricts. La documentation de vos mesures de sécurité, centralisée sur des outils de pilotage, devient votre meilleure défense face à cette réglementation transversale.

Un tournant dans la sévérité des sanctions pour défaut de sécurité

Les autorités de contrôle ont durci le ton, l'actualité de la fin d'année 2025 et du début 2026 montre que la violation de données personnelles issue d'un défaut de sécurité est désormais le motif de sanction le plus fréquent.

  • L'affaire Nexpublica France : en décembre 2025, une amende de 1,7 million d'euros a été prononcée. Le grief principal portait directement sur l'article 32, l'entreprise n'ayant pas mis en place des protections suffisantes pour son logiciel de gestion de données
  • La sanction Mobius : toujours fin 2025, une amende de 1 million d'euros a frappé la société Mobius à la suite d'une fuite massive. L'autorité a considéré que la vulnérabilité exploitée aurait pu être évitée si les protocoles de sécurité élémentaires avaient été respectés
  • La procédure simplifiée : la CNIL multiplie également les sanctions via sa procédure simplifiée. De nombreuses décisions ont été rendues pour des montants dépassant les 100 000 euros, ciblant souvent des défauts de sécurisation des accès pour les salariés ou des absences de chiffrement

Ces chiffres prouvent que l'impunité n'existe plus. Une faille de sécurité est aujourd'hui qualifiée de négligence juridique engageant la responsabilité directe du dirigeant.

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Risques concrets et conséquences opérationnelles pour les entreprises

Si les amendes administratives captent l'attention, les risques indirects sont tout aussi dévastateurs. L'interruption d'activité est le premier danger. Une faille liée au non-respect de l'article 32 mène souvent à une perte de disponibilité des données, paralysant l'entreprise pendant plusieurs semaines.

Le second risque majeur concerne la responsabilité civile. L'article 82 du RGPD permet à toute personne ayant subi un dommage d'obtenir réparation. Les actions de groupe se multiplient, transformant une erreur technique en un gouffre financier lié aux indemnisations. Enfin, l'image de marque est durablement compromise. La perte de confiance des utilisateurs est un préjudice bien plus difficile à réparer qu'un simple système informatique.

Bonnes pratiques pour une sécurité robuste et conforme

Pour transformer ces obligations en avantage concurrentiel, plusieurs leviers doivent être activés prioritairement.

  • Chiffrement et pseudonymisation : ces deux techniques, explicitement citées par le RGPD, permettent de rendre les données illisibles pour un tiers non autorisé. En cas de vol de données, si celles-ci sont correctement chiffrées, le risque pour les individus est considéré comme nul ou faible, ce qui peut dispenser l'entreprise d'une notification publique humiliante
  • Gestion stricte des habilitations : il convient d'appliquer le principe du moindre privilège. Chaque collaborateur ne doit avoir accès qu'aux seules données nécessaires à ses missions. Les accès doivent être révoqués immédiatement après le départ d'un salarié
  • Authentification forte : l'usage du simple mot de passe est obsolète. L'authentification à deux facteurs (2FA) doit être la norme pour tous les accès distants et les comptes disposant de privilèges élevés
  • Résilience et sauvegardes : la sécurité consiste aussi à savoir réagir. Disposer de sauvegardes déconnectées et testées régulièrement garantit la résilience exigée par l'article 32
  • Culture de la vigilance : le facteur humain reste la porte d'entrée principale des attaques. Des sessions de formation régulières sur le phishing sont indispensables pour faire des salariés le premier rempart de l'organisation

FAQ sur l'article 32 du RGPD et l'Accountability

Est-ce que je risque une sanction si j'ai été victime d'un piratage malgré mes efforts ?

La CNIL évalue votre obligation de moyens. Si vous pouvez prouver votre Accountability par des documents attestant de mesures à l'état de l'art, la sanction sera évitée ou fortement atténuée. C'est l'absence de mesures préventives qui est punie.

Qu'est-ce qu'un niveau de sécurité adapté au risque ?

C'est une analyse qui croise la sensibilité des données avec la probabilité d'une menace. Plus les données peuvent impacter la vie des personnes, plus vos mesures techniques doivent être sophistiquées.

Le projet Digital Omnibus change-t-il la façon de déclarer une faille ?

Oui, il tend vers une centralisation des rapports d'incidents. Cependant, il ne remplace pas l'obligation de notification prévue par le RGPD mais vient la compléter pour renforcer la résilience globale de l'Union européenne.

Un logiciel certifié suffit-il pour être en conformité ?

L'outil est une part de la solution, mais la conformité englobe vos processus internes. Même le meilleur logiciel ne vous protégera pas si vos processus humains sont défaillants ou si vos tests de sécurité ne sont jamais réalisés.

La mise en conformité au RGPD via l'angle de la sécurité est désormais un impératif de gouvernance. Les décisions de 2025 et les nouvelles orientations de 2026 montrent que les autorités ne tolèrent plus aucun amateurisme en matière de protection des actifs numériques.

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